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Dersou Ouzala

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les avis de Cinemasie

5 critiques: 4.5/5

vos avis

29 critiques: 3.87/5



Xavier Chanoine 4.75 Caaapitaaaiiiiinn!! Dersouuuu!!
Ordell Robbie 4.5 un magnifique récit humaniste et un classique de plus pour Kurosawa
Ghost Dog 4.75 Moi beaucoup aimer Dersu Uzala…
drélium 4.75 attention chef d'oeuvre
Arno Ching-wan 3.75 RRR, la préquelle
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Caaapitaaaiiiiinn!! Dersouuuu!!

Comment une histoire d'amitié solide, finalement toute bête réussit le parie de nous émouvoir sur près de 2h20. Il n'y avait qu'Akira Kurosawa pour réussir cette performance, et ce, grâce à un florilège de détails qui passeraient au second voir au dernier plan chez certain réalisateur. Le capitaine Arseniev et ses troupes sont envoyées en mission dans le grand froid de Sibérie pour effectuer des recherches. En chemin ils rencontrent un petit bonhomme haut comme trois pommes, du nom de Dersou Ouzala. Petit homme rusé et malicieux, connaissant la Taïga comme nul autre et doué d'une précision au tir remarquable. Dersou ne maîtrise pas forcément bien la langue locale et s'exprime avec naïveté, rendant son personnage on ne peut plus attachant.

Il les guidera dans cette immense Taïga, leur retapera une vieille bicoque faite de vieux bois mort, sauvera in extremis le capitaine Arseniev dans un néant de glace et de vent. Une amitié aussi solide que le rock naîtra entre ces deux hommes qui pourtant tout opose. Tandis que l'un est gradé jusqu'au cou, l'autre vit dans la nature à chasser cerfs et autres animaux pour se nourrir. Tout sauf le Tigre-Amba, animal ou de moins "Homme" sacré selon lui. En effet, pour Dersou, tout est Homme. L'eau, le feu (scène extraordinaire où il demande au feux de ne plus causer) et le vent font partit des Hommes, et qu'il ne faut en aucun cas énerver sous peine de connaître leur colère. Magique de bout en bout, incroyablement bien ficelé, sans cesse relancé par des rebondissements dont on n'attendait guère l'arrivée, histoire de donner du souffle au métrage, Dersou Ouzala est un film presque unique dans le genre. L'histoire d'un petit bonhomme exceptionnel, qui ne paie pas de mine et qui se révèle être au final un magicien de la nature, un guide attachant et courrageux. L'émotion sidérante qui se dégage de cette amitié, l'incroyable panorama de décors naturels plus beaux les uns que les autres finissent de nous achever. L'issue du récit n'est pas surprenante, Dersou est né dans la nature et mourra dans la nature. Le Tigre-amba a t-il eu sa revanche? Un mystère qui demeure intact 30 ans plus tard, faisant de Dersou Ouzala un film tout simplement inoubliable.



11 mars 2006
par Xavier Chanoine




Moi beaucoup aimer Dersu Uzala…

Resituons tout d’abord ce film dans son contexte : ce n’est en effet pas par hasard que Kurosawa soit parti tourner Dersu Uzala en Sibérie… Suite à l’échec public de Dode’s Kaden en 1971, ce dernier voit s’effondrer la confiance que lui faisaient ses producteurs, et tente de mettre fin à ses jours en s’ouvrant les veines. Echappant de justesse à la mort, il voit dans cette proposition d’adapter à l’écran le journal du Capitaine Vladimir Arseniev grâce à des capitaux russes une sorte de résurrection personnelle. Ce film marque les débuts d’une collaboration pécuniaire avec d’autres pays, notamment la France ou encore les USA (Coppola, Spielberg…) ; bien lui en a pris, car il a pu s’exprimer librement sans soucis d’argent pendant encore 20 ans.

Le film en lui-même est une vraie merveille, comme la plupart des œuvres du Maître. On dit parfois que les choses simples sont parfois les plus belles et les plus touchantes, et c’est exactement le cas pour Dersu Uzala. D’une manière très sobre mais très efficace, il installe son histoire en 1902 dans la Taïga, aux confins de la Sibérie, de la Mongolie et de la Chine, en suivant l’itinéraire du capitaine Arseniev parti en mission avec plusieurs hommes pour débroussailler une région inconnue de l’état-major moscovite. Sur leur chemin, il font la connaissance d’un drôle de petit homme nommé Dersu Uzala, chasseur solitaire qui connaît la Taïga comme la poche. Les 2 hommes sympathisent, Arseniev étant charmé par l’âme de son ami devenu son guide. Dersu se soucie en effet des inconnus qui viendront leur succéder dans une cabane perdue en leur préparant du sel et des allumettes, il se soucie de tous les animaux et va même jusqu’à considérer le feu, le vent et l’eau comme des « hommes très puissants »…

Arseniev n’est pas le seul à tomber sous le charme, le spectateur aussi est pris d’un formidable élan d’humanisme et de bonté… Cette première partie qui dure environ 1 heure se clôt sur une scène inoubliable où les 2 amis, piégés par la nuit sur un lac gelé en pleine tempête, ramassent pendant des heures des herbes afin de pouvoir s’y abriter. Montée et réalisée de façon magistrale, elle marque mon esprit depuis le jour où je l’ai vue… La deuxième partie du film se déroule 5 ans plus tard, en 1907, après que les 2 hommes se soient quittés puis retrouvés sans se donner de rendez-vous. Mais cette fois-ci, les choses ont changé : la Taïga semble envahie par des êtres indésirables qui font régner la peur, Dersu n’est plus aussi aguerri qu’auparavant du fait de son âge, et se voit même menacé par un « amba-tigre » qui d’après ses dires lui aurait jeté une malédiction. Cette menace va le contraindre à suivre Arseniev chez lui, dans une ville russe déprimante. Ne pouvant supporter cet enfermement, il décide de repartir dans la Taïga et sera retrouvé mort, tué par un voleur de fusil de chasse en 1910.

On l’aura compris, les 2 grands thèmes de ce film sont la nature, omniprésente et vitale, ainsi que l’amitié virile entre 2 hommes venant d’un univers différent et fascinés l’un par l’autre, tout cela doublé par un hymne à la tolérance. Kurosawa disposait d’une histoire simple et vraie, et l’a transformé en histoire bouleversante en réussissant le tour de force de rendre ses personnages inoubliables et facilement identifiables en les filmant constamment en plan large, sans doute pour y inclure le maximum de nature possible…

Dernière petite chose : ce film est à voir tard le soir, pour que l’hallucination qu’il procure grâce à ses images somptueuses soit totale. Nul doute que sa récente sortie en DVD dans la collection Les films de ma Vie génère dans les chaumières des soirées magiques !



30 juin 2001
par Ghost Dog




attention chef d'oeuvre

Un film qui n'a l'air de rien jusqu'à ce qu'il vous emporte pour ne plus vous lâcher jusqu'à l'ultime seconde.

Voyage dans le grand froid, amitié pure et brute (entre deux êtres que tout sépare) construite avec la force du temps, acteurs magistraux, ambiance surnaturelle ou super naturelle, réalisation unique.

A voir un soir d'hiver bien emmitoufflé devant la cheminée..... avec des peaux de bêtes en guise de couvertures.

On a souvent dit que suite à l'échec cuisant de "dode's kaden", Kurosawa avait perdu de sa grandeur. Après une tentative de suicide (carrément) et suite à un silence de 5 ans, vexé, il revient avec "Dersou Ouzala" et prouve (ou au moins me prouve) que sa force est intacte. "Dersou Ouzala" est peut-être l'exception de la période post "dode's kaden" où l'on retrouve une intensité humaniste incroyablement limpide.

par drélium




RRR, la préquelle

Ayé vu. Le film est un chef d'œuvre sur sa première moitié, ensuite c'est plus discutable. Redondant, limite niais, prévisible... Certaines scènes très fortes emportent le morceau, mais ce long final de type Crocodile Dundee dépressif n'est certainement pas ce que Kurosawa a pondu de mieux.

Reste que Nicolas Vanier doit vénérer ce film pour son decorum sibérien, très intéressant, et des ambiances parfois soignées. C'est parfait pour une soirée débat "Connaissances du monde" pour retraités dans le cinébus chauffé de Saint Sulpice les Rouflaquettes.

On tient l'ancêtre de RRR cela dit. Un militaire, un homme des bois, une amitié virile, des fusils, un tigre... mmm.

Plus sérieusement, j'ai marché à fond sur la première partie, mémorable, plus occasionnellement sur la seconde qui réserve bien-sûr des passages puissants (chouette chorégraphie sur un plan large fixe couvrant toute une zone de recherche de pièges dans les bois, tout ce qui a trait au tigre "amba" etc), mais le mélo fonctionne beaucoup moins et tout le final, moins incarné, moins inspiré, un peu pataud même, m'a singulièrement gonflé.

J'ai regardé Dersou par envie de voyage par procuration. Je fus bien servi, malgré mes quelques relatives réserves. Le discours humaniste fait aussi beaucoup de bien en cette époque de "tough guys for tough times" et de tout égoïsme.

Une nouvelle version de cette histoire - dans l'Histoire - mériterait d'être faite. C'est très riche et l'endroit, paraît-il impacté par le réchauffement climatique, rare à l'écran. Faut que je me choppe les livres.

05 février 2023
par Arno Ching-wan


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